Le langage de la matière :
Pourquoi je peins avec le bout des doigts
S’il m’arrive souvent d’attraper un pinceau pour guider une couleur ou esquisser un mouvement, mes doigts finissent presque toujours par prendre le relais.
Dans l’intimité de l’atelier, face à la toile, l’utilisation directe de mes mains pour poser, étaler et sculpter l’acrylique s’est imposée comme une évidence. Un geste instinctif, viscéral, qui transforme chaque création en une expérience profondément sensorielle.

Une connexion directe avec l’énergie du moment
Peindre au bout des doigts, c’est supprimer tous les intermédiaires. Entre la toile et moi, il n’y a plus le manche en bois ou les poils du pinceau : il n’y a que la peau, la chaleur du corps et la sensation pure de la matière.
Cette façon de peindre s’enracine directement dans ma sensibilité et mon parcours. En tant que thérapeute, l’écoute et le toucher ont toujours été au cœur de ma pratique. La pulpe des doigts possède une mémoire et une réceptivité extraordinaires. Elle perçoit l’épaisseur de la peinture, la résistance du grain, la température des pigments.
En touchant la toile, je ne fais pas que déposer de la couleur : j’entre en dialogue direct avec la vibration de l’œuvre en train de naître.
